Les pièges du tourisme
République Dominicaine
Nous revoilà à Punta Cana pour la suite de notre reportage sur les pièges du tourisme animalier en République Dominicaine.
Punta Cana se situe dans le sud-est de la République Dominicaine. Punta Cana, c’est 48 kilomètres de plages au sable blanc, mais aussi une eau turquoise à la jonction entre l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes jouissant d’un climat exceptionnel pratiquement toute l’année. Punta Cana c’est aussi près de 1 500 complexes hôteliers all-inclusive, appartement et villas qui accueillent chaque année plus de 3,2 millions de touristes.
La République Dominicaine continue d’afficher un taux de croissance du nombre de visiteurs supérieur à la moyenne du reste des pays des Caraïbes. L’industrie du tourisme demeure un élément-clé pour le développement économique du pays. C’est pour cela que les pouvoirs publics poursuivent leurs investissements pour renforcer l’attractivité du pays dont notamment le tourisme animalier.
De nouveaux adhérents à notre Association ont pu faire l’expérience à leur tour du tourisme animalier en République Dominicaine et partagent avec nous leur vision, leur ressenti et leurs photos !
« A notre arrivée nous sommes ravis de constater que l’hôtel a mis en place une politique de protection des fonds marins avec la suppression de tout contenant en plastique jetable, carton et pailles. Dans nos énormes complexes hôteliers all-inclusive nous générons une quantité énorme de déchets qui finissent très souvent dans les océans contribuant à la pollution et la mort des animaux marins. Cette initiative est une première étape à notre prise de conscience.
Difficile de partir à Punta Cana sans être happé par les tours opérateurs qui proposent toutes sortes d’excursions au programme et l’organisation bien rôdés. Ont les trouvent le plus souvent à l’accueil de nos complexes hôteliers, au bord de la piscine ou à la plage. Ils sont facilitateurs et aident les touristes à partir à la découverte des grands points d’intérêt de Punta Cana et ses environs car en effet sortis de nos grands hôtels nous aurions bien des difficultés seuls à organiser nos visites.
Notre première expérience touristique nous a mené à Seaquarium Punta Cana. Un bateau très festif naviguant sur la mer des Caraïbes pouvant accueillir 50 personnes et proposant un programme très complet entre plonger avec un casque sur un site aménagé en mer, visite du Dolphin Island Park pour nager avec des requins, des raies et voir des dauphins et des otaries.
Pour notre première activité, nous avons donc plongé avec un casque nous permettant de respirer comme à l’air libre. Au-delà de cette expérience au demeurant très plaisante, nous avons été très surpris que ce site en pleine mer soit aménagé avec des barrières en fer afin que les plongeurs puissent marcher sous l’eau en la suivant. Cela n’a rien de naturel et contribue au dérèglement de l’espace de vie aquatique. Egalement nous avons été très mal l’aise de nous voir proposer à la chaine de prendre dans les mains des étoiles de mer et d’autres coraux pour faire un film de cette activité. Vous imaginez le nombre de mains qui se posent sur cette pauvre étoile !
La suite de notre croisière se poursuit jusqu’au Dolphin Island Park. Il s’agit d’un parc aquatique animalier où il y a une dizaine de bassins d’eau de mer entouré de rideau de fer avec principalement à l’intérieur des dauphins seuls ou à plusieurs qui font « le bonheur » des touristes venus « nager » avec eux.
Là nous arrivons au bord du bassin des requins nourrices et des raies où il est prévu que nous nagions par groupe de 20 personnes. Ce bassin fait entre 100m2 et 150m2 et 3m environ de profondeur, tout en sachant que ces requins vivent en liberté entre 5 et 70m de profondeur et parcourent chaque jour des centaines de kilomètres.
Une fois la tête sous l’eau nous apercevons quelques petits poissons tropicaux, trois raies et quatre requins, trois adultes et un plus jeune. Ces requins font assez mal au cœur, ils semblent léthargiques et restent au fond de leur prison d’eau de mer sans bouger tentant de se « cacher » dans les coins pour ne pas être embêtés par les touristes qui les caressent et leur touchent l’aileron.
Apres une dizaine de minutes sans réelle excitation et même de la peine d’avoir nager avec des requins et des raies dans ces conditions, nous sortons avant le groupe pour nous diriger vers le « show » d’otaries qui consiste en fait à faire la queue pour recevoir un baiser le temps d’une photo… Là encore nous restons sans voix devant ce spectacle avilissant et cet animal imposant « récompensé » à chaque baiser. Nous repartons de ce parc mal à l’aise et le cœur lourd, avec le besoin de partager avec un maximum de personnes nos sentiments.
Nous sommes conscients que voir ces animaux est un spectacle des plus merveilleux, que ces activités de tourisme de masse contribuent à l’attraction du pays et son développement économique mais quoi de mieux que de vivre ces expériences de manière raisonnable et raisonnée. Nous tentons à travers cet article de faire réfléchir à la manière dont nous avons envie de voyager, de découvrir la vie animale et de participer à leur préservation.



