Dans cet article, nous proposons de partager notre expérience animalière sur le rocher de Gibraltar. Avant de rentrer dans le vif du sujet, une petite introduction s’impose lorsqu’on se trouve dans un territoire atypique comme celui-ci. Gibraltar, bien que situé au sud de la péninsule ibérique, est un territoire britannique et ce depuis les traités d’Utrecht de 1713. Ce territoire de 6,8 km2 est séparé de l’Espagne par une frontière de 1,2 kilomètre.

Gibraltar est constitué d’un Rocher, sur lequel existe une réserve naturelle protégée de 2,42 km2. Cette réserve, créée en 1993, est aujourd’hui l’habitat naturel de Macaques de Barbarie, qui est le seul primate non humain qui vit en Europe. Une légende britannique raconte que les singes auraient migrés du continent Africain vers Gibraltar à travers des grottes souterraines qui communiquent entre l’Afrique et la péninsule ibérique.

Le Macaque de Barbarie (Macaca sylvanus) a une espérance de vie de 20 à 25 ans, mesure en moyenne 60/70 cm à l’âge adulte et vie principalement à l’état sauvage des régions montagneuses d’Afrique du Nord où ils vivent dans des forêts, des gorges et crêtes rocheuses. On les retrouve au Maroc et en Algérie, mais donc également à Gibraltar où il a été introduit. L’espèce figure actuellement sur la liste rouge des espèces menacées d’extinction de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), il resterait en effet seulement 8.000 individus.

Pour aller à la rencontre de ces singes, nous empruntons un téléférique qui nous amène sur le rocher et nous permet l’accès à la réserve naturelle. Dès l’arrivée au terminus, des macaques attendent les touristes afin de s’introduire dans la cabine pour voler d’éventuelles nourritures présentes dans les sacs à dos. C’est assez surprenant, mais plus de peur que de mal.

Tout au long de la visite, nous pouvons nous apercevoir que les singes sont présents sur l’ensemble du Rocher. Plusieurs meutes cohabitent, dont une meute résidante au Repaire des Singes (Apes’ Den), mais aussi d’autres vivant à l’état sauvage sur les pentes abruptes du Rocher à l’abris des touristes.
Dans cette réserve, les singes n’y sont pas apprivoisés, peuvent circuler en toute liberté et sont en capacité de fuir les humains et de sa cacher dans l’immense réserve. Les animaux ont l’air de s’y plaire, la preuve lors de notre ballade nous avons vu plusieurs bébés singes.


En complément, les autorités de Gibraltar conscientes des conséquences relatives aux interactions humaines néfastes pour ces animaux sauvages, tant sur leur comportement que sur leur santé, ont mis en place de nombreuses règles afin de les limiter. Plusieurs cas d’hépatite A auraient été identifiés chez les singes par le passé et le risque de transmission du COVID, n’ont fait que renforcer cette décision.
- Ne pas les toucher. Le gouvernement a donc érigé en infraction le contact ou toute autre ingérence dans le comportement naturel des macaques, c’est donc illégal !
- Ne les nourrissez pas, c’est d’ailleurs également illégal !
En complément il est recommandé d’éviter de prendre vos sacs (ou à défaut mettez les devant). Ils adorent essayer de les ouvrir pour voler leur contenu et de leur donner de l’espace : ne vous approchez pas trop près d’eux. A noter qu’au-delà du respect de ces animaux, il en va de votre sécurité. Ils restent des animaux sauvages et il n’est effet pas rare de les voir sauter sur les épaules des touristes, même si les accidents graves sont à priori très rares.
En synthèse, le Rocher de Gibraltar abrite environ 250 Macaques, qui vivent ici dans un habitat naturel, non apprivoisés et avec la capacité d’éviter les touristes. Des recommandations et même des règles soumises à contravention permettent de limiter l’impact de l’homme sur ce primate, tout en permettant aux petits et grands d’apercevoir d’assez près des singes en liberté. Ces éléments nous permettent de dire que la visite du Rocher de Gibraltar est bien une activité respectant les conditions animales, tout en concourant à la pérennité du Macaques de Barbarie, espèce menacée d’extinction.
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